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Le New Deal vert de Terra Economica

Dans le numéro de ce mois ci de Terra Economica, le magazine propose un New Deal pour sortir de la "multicrise" : Emploi ; Transport ; Agriculture ; Urbanisme ; Fiscalité ; Monnaie ; Consommation et déchets ; Energie ; Climat... et bien évidemment l'Eau.

"Englués dans la crise, les gouvernants sortent l’artillerie lourde. Plan pour l’automobile, milliards pour les banques, programme de grands travaux… « Terra Economica » a décidé d’aller plus vite, plus haut, plus fort. Et a réuni les meilleurs experts internationaux et acteurs locaux pour concocter un New Deal vert. Voici nos 30 propositions pour sortir de cette multicrise."



Le projet de détournement des eaux du Yangzi du sud au nord est retardé...

Le projet de détournement des eaux du Yangzi du sud au nord, ou "Nan Shui Bei Diao", censé apporter de l'eau à Pékin et à sa région, ne fait pas l'unanimité dans les provinces du centre de la Chine, dont le réseau hydrographique va être ponctionné au profit de la capitale. Fin décembre, la presse du Hubei se faisait l'écho de préoccupations des autorités : "L'achèvement de la voie centrale devra être retardé de quatre ans pour limiter les risques écologiques et d'impact environnemental du projet", a déclaré Wang Fenyu, un des officiels locaux impliqués dans le projet au Changjiang Shangbao, un journal de Wuhan.

Cette étape majeure du Nan Shui Bei Diao, qui comporte deux autres dérivations (à l'est, le long de l'ancien Grand Canal, déjà en cours, et à l'ouest, sur les contreforts du Tibet, où les travaux n'ont pas encore commencé), devait être achevée en 2010, une date qui paraît irréaliste. La voie centrale en question est celle qui doit acheminer de l'eau du barrage de Danjiangkou, qui doit être rehaussé sur la rivière Han, un affluent du Yangzi, dans le Hubei, jusqu'à Pékin, via le Henan puis le Hebei.

Un premier tronçon de près de 300 km est entré en service en septembre 2008 et doit fournir à Pékin, d'ici à mars, quelque 300 millions de mètres cubes d'eau supplémentaire en provenance des réservoirs du Hebei, la province autour de Pékin, également insuffisante en eau. Mais ce sont surtout les 960 km de canal restant à aménager qui posent problème : au Henan, province surpeuplée et très pauvre, où 211 000 personnes censées déménager sont encore sur le tracé du canal. Selon Guo Quiming, le directeur adjoint du bureau de relocation du Henan cité par dans un rapport du China Economic Weekly début décembre, déplacer autant de personnes en cinq ans reste "un énorme défi".

Dans le Hubei, les préoccupations sont surtout écologiques : d'après un responsable local du bureau de l'environnement cité dans la presse de Wuhan, le projet va, en réduisant le débit de la rivière Han, aggraver "les problèmes très sérieux de qualité de l'eau" et ne pourra se faire que "si le Hubei construit davantage d'usines de retraitement de l'eau". Plusieurs études récentes signalent les dangers du projet dans l'état actuel d'équipement, car il risque de multiplier les marées vertes, cette prolifération d'algues malodorantes qui empoisonnent fréquemment les fleuves en Chine.

La rivière Han est l'une des plus polluées de Chine : selon la Banque mondiale, qui a débloqué des fonds en avril 2008 pour un projet d'usine d'épuration des eaux, le taux de traitement des eaux usées en milieu urbain est inférieur à la moyenne provinciale de... 23,5 %.

Les craintes des provinces n'ont pas encore conduit à une révision officielle du projet : le 15 décembre, l'agence Chine nouvelle annonçait "une accélération du Nan Shui Bei Diao", à la suite du déblocage anticipé des fonds qui lui sont alloués dans le cadre du plan de relance décidé par la Chine en novembre 2008.

Source: Le Monde

L'eau potable de Marseille désaltère Barcelone

La pénurie d'eau gagne l'Europe. Roumanie, Grèce, Pays-Bas et Barcelone ont connu des sécheresse historiques. La solidarité s'organise.

« La moyenne annuelle des populations et des territoires touchés par la sécheresse augmente de façon importante depuis 30 ans (de 6 % à 13 %) », indique une étude récente de la Commission européenne. L'impact sur l'économie de l'Union est estimé à une centaine de milliards d'euros. Avec le réchauffement climatique, la situation va s'aggraver prédit la Commission. Elle incite à économiser l'eau potable. Le chantier est de taille. « L'Europe gaspille entre 20 % et 40 % de ses ressources. »

Pour répondre à l'urgence, des solidarités s'organisent. Ainsi Marseille est-elle venue au secours de Barcelone. En situation de pénurie historique, la Catalogne s'est tournée vers la Provence. « Au printemps, deux cargos ont effectué six rotations entre les deux ports. 185 000 m3 ont permis de fournir 3 % des besoins de Barcelone en eau potable, sans pénaliser les Marseillais », explique Sophie Vague de la Société des eaux de Marseille. La pluie abondante de l'été a mis fin à cette opération qui devait durer trois mois. La Méditerranée prendra ensuite le relais. « La Catalogne construit une usine de dessalinisation de l'eau de mer pour fin 2009. »

Paradoxe, alors que dans l'Ouest tant arrosé, les ressources en eau sont parfois à la limite de l'épuisement pendant la saison estivale, au pays de Manon des Sources, l'anisette ne craint pas l'assèchement. « Marseille a cruellement manqué d'eau. En 1834, chaque habitant ne disposait que d'un litre par jour. Cette eau était de si mauvaise qualité que pendant l'été 1900, on a enregistré un mort par typhoïde chaque jour », raconte Sophie Vague.

Pour remédier à cette crise permanente, « deux canaux ont été construits. Ils drainent la Durance et le Verdon et alimentent trois grandes réserves de six millions de mètres cubes. Soit, trois fois la contenance du Vieux-Port. » Ces équipements ont doté la Provence d'une « assurance anti-sécheresse. Marseille est à l'abri des restrictions que connaissent bien des villes et départements. »

Un capital inestimable et convoité

Aujourd'hui, Jean de Florette n'aurait plus à suer sang et eau pour remonter le précieux liquide. « Nous sommes en capacité d'alimenter le double de la population actuelle », poursuit Sophie Vague. Un capital inestimable et convoité. « En 1983, 1,5 million de m3 d'eau non traitée a été exporté vers le port de Tarragone en Espagne. En 1989 et 1990, le même volume a été livré à la Sardaigne. »

Depuis que les Marseillais ont épaulé les Barcelonais, la Société des eaux est sollicitée. « L'émirat de Dubaï nous a contactés. Il souhaitait signer un contrat de livraisons régulières. Nous n'avons pas donné suite. Nos interventions ne peuvent être que des opérations de solidarité. »

La démarche marseillaise pourrait inspirer le prochain Forum mondial de l'eau à Istanbul du 16 au 22 mars 2009. Quinze experts sont récemment venus plancher sur la Canebière. Ils sont chargés, par l'Onu, de formuler des propositions pour réduire les coûts humains et économiques des catastrophes naturelles liées à l'eau.

Sources: Ouest France


Si vous souhaitez en savoir plus sur cette pénurie d'eau qui touche peu à peu l'Europe, je vous conseille la lecture de " L'Avenir de l'Eau - Petit Précis sur la Mondialisation II" d'Éric Orsenna aux Éditions Fayard.

La 63ème session de l'Assemblée Générale de l'ONU a adopté une résolution sur la loi des aquifères transfrontaliers suivant le consensus, jeudi 11 décembre, et a exprimé son appréciation à l'UNESCO-PHI pour sa contribution à la Commission du droit international de L'ONU (UNILC) dans la préparation des articles de la loi.

Assemblée générale des Nations Unies © UN Photo/Evan Schneider

Les 19 articles de la loi sur les aquifères transfrontaliers, préparés par le Programme Hydrologique International de l'UNESCO (PHI) et la Commission du droit international de L'ONU, ont été approuvés par l'Assemblée Générale de l'ONU à New York lors de sa 63ème session, le 11 décembre.

La résolution encourage les États concernés à prendre des dispositions bilatérales ou régionales adéquates pour la gestion appropriée de leurs aquifères transfrontaliers, en prenant en compte les dispositions de ces projets d’articles, annexés à la résolution. Ces dispositions incluent la coopération parmi les états pour empêcher, réduire et contrôler la pollution d'aquifères partagés. En vue de l'importance de ces ressources invisibles, les États sont invités à prendre ces projets d’articles comme base pour l’élaboration d’une convention.

Les aquifères contiennent presque 96 % de l'eau douce de la planète. Généralement, 65 % de l'eau souterraine sont consacrés à l'irrigation, 25 % à la provision d'eau potable et 10 % à l'industrie. Les aquifères représentent plus de 70 % de l'eau utilisée dans l'Union Européenne et sont souvent une des seules sources – sinon la seule - dans les zones arides et semi-arides : 100 % en Arabie Saoudite et Malte, 95 % en Tunisie et 75 % au Maroc. Les systèmes d'irrigation de nombreux pays dépendent lourdement des ressources en eau souterraine : 90 % dans la Jamahiriya arabe libyenne, 89 % en Inde, 84 % en Afrique du Sud et 80 % en Espagne.
Le projet ISARM du PHI sur la gestion des ressources aquifères partagées (ISARM) a compilé un inventaire et évalué les systèmes aquifères transfrontaliers du monde. Le projet détaille aussi les systèmes légaux de chaque pays lorsqu’ils touchent à la gestion des aquifères. Le projet ISARM a inventorié jusqu'ici 273 aquifères transfrontaliers : 68 sur le continent américain, 38 en Afrique, 65 en Europe de l'Est, 90 en Europe occidentale et 12 en Asie où l'inventaire est toujours en cours. La carte du monde des aquifères transfrontaliers de l'UNESCO-PHI a servi d’élément de base pour la préparation du premier assortiment d'articles de droit international. La carte a été publiée en octobre par le programme mondial de cartographie hydrologique et d'évaluation de l'UNESCO (WHYMAP), qui a établi une base de données sur l’eau souterraine depuis 2000. La carte évalue aussi les caractéristiques des systèmes aquifères principaux et leur taux de remplissage.

En savoir plus : http://www.unesco.org/water/news/aquiferes_transfrontaliers.shtml